dimanche 28 février 2010

Critique du spectacle Paradis perdu par Reg




En fin de semaine, je suis allé voir cette odyssée spectaculaire et musicale de Dominic Champagne, Jean Lemire et Daniel Bélanger présentée à la Place des Arts à Montréal.

Selon le site officiel, Paradis perdu est une odyssée onirique, un poème scénique spectaculaire, un voyage dans le jardin du monde, au carrefour du théâtre, du cinéma, de la musique et de la performance. Un soldat errant, dernier humain sur terre, rêve qu’il recrée le monde détruit par la main de l’homme. Lançant son imagination sur les pistes de la création, il s’invente un jardin merveilleux où l’humanité vivrait à nouveau en harmonie avec la nature. Vivez un plongeon onirique dans le jardin du monde, de l’infiniment petit à l’infiniment grand, parmi les déserts de glace, le bouillonnement des volcans, les champs de fleurs nouvelles et les forêts souveraines regorgeant de mille créatures. Le spectacle de ce rêve vous mènera dans une oasis de beauté où l’humanité est convoquée à faire renaître l’avenir

J'avais donc de très grandes attentes et j'étais certain d'adorer ce spectacle. Malheureusement, tel ne fut pas le cas à ma grande déception. Il faut dire que visuellement c'était extraordinaire, mais pas renversant. L'idée la plus novatrice étant l'écran en avant-scène sur lequel étaient projetées des images et animations, mais que j'avais déjà vu à un spectacle de Nine Inch Nails, alors la nouveauté n'était pas au rendez-vous dans mon cas. Ceci étant dit, l'aspect visuel du spectacle est de loin le plus réussi et vaut la peine d'être vu.

Là où le spectacle n'était pas du tout à la hauteur d'une telle ambition visuelle, c'est au niveau de l'histoire et dans la façon de la raconter, qui manquaient cruellement d'originalité et de cette parcelle de génie à laquelle on s'attendait au détour de certaines scènes. Comme le dit le critique du Voir, Paradis perdu nous sert un discours nouvel-âgiste, pour ne pas dire naïf, et souvent sentencieux. Donc plus le spectacle avançait plus ma déception se faisait grande, mais celle-ci se transforma bientôt en pur agacement de par la prestation de notre grand Pierre Lebeau national, qui déclamait son texte de façon trop appuyée à mon avis et à un niveau sonore beaucoup trop fort, ce qui fait que lors du grand crescendo final j'avais carrément envie de quitter la place pour me soustraire à ce calvaire auditif.


Il faut dire que nous étions placés assez près de la scène (rangée B), donc peut-être que le son est plus fort à cet endroit? Quoi qu'il en soit, pourrait-on y aller mollo avec Pierre Lebeau, on dirait qu'il est partout là où Rémi Girard n'y est pas... Je crois aussi que le fait d'avoir été si près de la scène nous a empêchés plusieurs fois d'apprécier à leur juste valeur certains effets visuels, notamment ceux qui essayaient de créer un effet de 3D à l'aide des différents écrans à l'arrière et à l'avant-scène, ainsi que certains jeux d'éclairage au sol.

Il y a également eu une certain rupture de ton vers le milieu du spectacle, qui était jusque là très grave et sérieux, et qui le fit tomber dans un espèce de cabotinage pas le bienvenue du tout. On se serait cru dans un mauvais épisode de Mr Bean, et je pense surtout à la passe des canards pour ceux qui auraient vu le spectacle. De plus, et ceci a été causé par une série télé que je suis religieusement, soit la série Lost ou Perdus en français, dans laquelle un personnage du nom de John Locke ressemblait étrangement au soldat du Paradis perdu, qui est chauve et porte comme lui un pantalon d’armée, alors j’avais de la difficulté à m’imaginer qu’il ne s’agissait pas justement de John Locke que je voyais à la Place des Arts !

Ceci étant dit, la musique de Daniel Bélanger était irréprochable et a réussi à procurer certains moments magiques tout au long du spectacle. Donc si vous voulez voir ce spectacle, sachez qu’il est avant tout un festin visuel et musical, mais n’y allez pas pour l’histoire, car vous risqueriez fort d’être déçus vous aussi. Et surtout, ne soyez pas assis trop près de la scène. Pour ceux et celles qui désirent un complément d’information, voici les liens pour la critique du Voir ainsi que le site officiel du spectacle. Merci de m’avoir lu!

Critique du Voir

Site officiel

1 commentaire:

Régelle a dit...

A mon avis, l'histoire est tellement poche qu'elle entache la musique et le visuel. En effet, je ne pouvais apprécier ces derniers tant j'étais exaspéré par l'histoire et la narration. Il ne faut pas prendre le public pour des enfants! Dans l'histoire, le soldat re-créer la race humaine à partir d'un simple d'esprit. Ca dit beaucoup de l'opinion de l'écrivain sur l'humain (le public).

Elle